Le plagiat dans le mémoire DEC est l’une des causes de refus les plus sévères et les plus évitables. Un mémoire recalé pour plagiat, même partiel et involontaire, retarde l’obtention du diplôme d’au moins une session. Pourtant, la plupart des cas détectés ne relèvent pas d’une fraude délibérée, mais d’une mauvaise gestion des citations et des sources. Cette page vous explique comment le jury et les logiciels détectent le plagiat, quelles pratiques l’exposent sans le vouloir, et comment sécuriser votre dépôt avant la soutenance.

Pourquoi le plagiat est traité aussi sévèrement dans le mémoire DEC
Le mémoire DEC atteste d’une capacité personnelle d’analyse et de rédaction. Le jury ne cherche pas seulement des connaissances techniques : il évalue votre aptitude à produire un raisonnement original, appuyé sur des sources que vous savez exploiter avec rigueur. Un passage copié, même bien choisi, casse cette démonstration. Il expose aussi votre plan de mémoire DEC à une remise en cause globale, puisque le jury peut légitimement douter de l’ensemble du travail après une seule détection.
Le Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables applique une tolérance quasi nulle sur ce point. Un plagiat mémoire DEC avéré peut entraîner un ajournement automatique, indépendamment de la qualité du reste du document. C’est pourquoi la vigilance doit s’exercer dès la phase de recherche, et non seulement au moment de la relecture finale.
Comment les logiciels anti-plagiat analysent votre mémoire
Les jurys et les écoles utilisent des outils comme Compilatio ou Turnitin, qui comparent votre texte à des millions de documents indexés : mémoires antérieurs, articles, sites web, ouvrages numérisés. Ces logiciels ne détectent pas seulement les copier-coller intégraux. Ils repèrent aussi les paraphrases trop proches de la source, les traductions littérales d’un texte anglais, ou la réutilisation d’une structure de phrase caractéristique.
Le résultat prend la forme d’un taux de similitude global. Un taux élevé ne signifie pas automatiquement une fraude : il attire l’attention du jury, qui examine ensuite chaque passage signalé. C’est là que la différence se joue entre une citation correctement introduite et un emprunt non assumé.
Les zones à risque les plus fréquentes
Certaines parties du mémoire concentrent la majorité des alertes : la revue de littérature, où l’on résume les travaux existants, et les définitions théoriques reprises de manuels ou de normes. Les candidats reprennent parfois une définition mot pour mot en pensant que sa nature technique la rend neutre. Ce n’est pas le cas : toute reprise textuelle doit être signalée par des guillemets et une référence précise.
Les pratiques qui exposent involontairement au plagiat
La majorité des cas problématiques viennent d’une méthode de travail approximative plutôt que d’une intention malhonnête. Voici les erreurs les plus courantes.
Copier avant de reformuler
Beaucoup de candidats collectent leurs sources en copiant des extraits dans un document de travail, avec l’intention de les reformuler plus tard. Le risque : oublier lequel de ces passages a été réécrit et lequel provient encore du texte original. Pour éviter cela, notez systématiquement la référence complète à côté de chaque extrait copié, et reformulez immédiatement, phrase par phrase, plutôt que de repousser cette étape.
Réutiliser un mémoire d’un ancien candidat
S’inspirer de la structure d’un mémoire agréé les années précédentes est une pratique courante et utile. Reprendre des formulations ou des paragraphes entiers, même en changeant quelques mots, est en revanche un plagiat classique et facilement détecté, car ces mémoires sont eux-mêmes indexés par les logiciels de comparaison.
Traduire un article étranger sans le citer
Traduire un passage d’un article anglophone ne vous dispense pas de le citer. La traduction reste une reprise du contenu et des idées d’un auteur. Indiquez la source originale, y compris lorsque vous résumez ou reformulez largement le propos.
Sous-citer ses propres travaux antérieurs
L’auto-plagiat existe aussi : reprendre de larges extraits d’un mémoire précédent, d’un rapport de stage ou d’une note interne que vous avez rédigée vous-même, sans le signaler, peut être considéré comme une reprise non déclarée. Mentionnez la source, même quand l’auteur, c’est vous.

Comment sécuriser votre mémoire avant le dépôt
Quelques réflexes simples permettent d’éliminer la quasi-totalité du risque.
- Passez votre document dans un logiciel anti-plagiat avant le dépôt officiel, pour repérer vous-même les similitudes avant le jury.
- Vérifiez que chaque citation directe est entre guillemets, avec la référence exacte et la page si possible.
- Reformulez entièrement les idées empruntées, en changeant la structure de la phrase, pas seulement le vocabulaire.
- Tenez à jour votre liste de sources du mémoire DEC au fur et à mesure de la rédaction, pas à la fin.
- Relisez chaque section en vous demandant si vous pourriez expliquer l’idée à l’oral sans relire le texte source : si non, c’est que vous n’avez pas encore assez reformulé.
Cette vigilance s’articule naturellement avec le travail de mise en forme du mémoire DEC et avec la relecture finale, qui doivent toutes deux intervenir avant le dépôt du dossier.
Que faire si un logiciel signale un taux de similitude élevé
Ne paniquez pas : un taux élevé inclut souvent des éléments non problématiques, comme la bibliographie, les titres de normes ou les formules juridiques standardisées. Isolez d’abord ces faux positifs. Concentrez-vous ensuite sur les passages réellement identiques à une source externe, et reformulez-les un par un. Si le taux reste élevé après ce tri, c’est le signe qu’une partie entière de votre argumentation repose trop sur une seule source : il faut alors diversifier vos références et renforcer votre propre analyse.
Questions fréquentes sur le plagiat dans le mémoire DEC
Un mémoire DEC est-il systématiquement passé au logiciel anti-plagiat ?
Les pratiques varient selon les jurys régionaux, mais la vérification devient la norme. Il vaut mieux considérer qu’un contrôle est systématique et travailler en conséquence dès la rédaction.
Quel taux de similitude est considéré comme acceptable ?
Il n’existe pas de seuil officiel communiqué par le CSOEC. En pratique, un taux élevé après exclusion de la bibliographie et des citations correctement signalées doit alerter. L’important n’est pas le pourcentage brut, mais la nature des passages signalés.
Citer beaucoup de sources augmente-t-il le risque de plagiat ?
Non, c’est l’inverse : un mémoire qui cite abondamment, avec des références claires, est mieux protégé qu’un mémoire pauvre en sources. Le plagiat vient de l’absence de citation, jamais de leur nombre.
Sécuriser son mémoire contre le plagiat demande une méthode rigoureuse, mais accessible à tout candidat organisé. Si vous souhaitez être accompagné sur ce point ou sur l’ensemble de votre méthodologie, retrouvez Sandrine Zana sur Facebook et sur LinkedIn, ou consultez la page coaching mémoire DEC.